{"id":10852,"date":"2014-02-12T12:02:45","date_gmt":"2014-02-12T11:02:45","guid":{"rendered":"https:\/\/fpc.ms-dev.it\/testimonianza\/intervista\/"},"modified":"2014-02-12T12:02:45","modified_gmt":"2014-02-12T11:02:45","slug":"entretien","status":"publish","type":"testimonianza","link":"https:\/\/www.fondazionepaolocresci.it\/fr\/testimonianza\/intervista\/","title":{"rendered":"Interview"},"content":{"rendered":"<p>ADELMO RUGGERI<\/p>\n<p>Cet entretien \u00e9tait tr\u00e8s sp\u00e9cial. La personne qui m'attendait avec impatience \u00e9tait mon tr\u00e8s cher grand-p\u00e8re. Il \u00e9tait tr\u00e8s heureux de pouvoir raconter son histoire, mais il avait surtout dit \u00e0 sa femme - ma tr\u00e8s douce grand-m\u00e8re - de nous laisser seuls car, selon lui, \"elle ne me laisse pas parler\".\u00a0<br \/>\nApr\u00e8s un bon caf\u00e9, pr\u00e9par\u00e9 par Bettina, assise dans son salon, la premi\u00e8re question \u00e9merge ...<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Quels sont vos nom et pr\u00e9nom ?\u00a0<br \/>\n\u00a0\u00a0 \u00a0Je m'appelle Adelmo Ruggeri. Je suis n\u00e9 \u00e0 Anghiari.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Quand ?<br \/>\nJe suis n\u00e9 il y a longtemps, le 26 f\u00e9vrier 1926.<\/p>\n<p>Il est le deuxi\u00e8me fils d'Oreste Ruggeri et de Maria Laurenzi. Ses fr\u00e8res : Alfiero, Alfredo et Don Arealdo Ruggeri ; ce dernier vit \u00e0 Ca' Raffaello, Arezzo.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Pourquoi \u00eates-vous venu en Argentine ?\u00a0<br \/>\nJe suis venu dans ce pays parce qu'en Italie, d\u00e8s que la guerre \u00e9tait finie, il semblait y en avoir une autre ; alors il n'y avait pas de travail. M. Giovagnini -Paolo, l'oncle de ma femme, est venu, il a fait un peu de propagande, il a dit qu'il y avait une bonne vie ici, que c'\u00e9tait bien ici, et donc nous nous sommes mari\u00e9s en 1950, en septembre, et en 1951 nous avons pris la route qui n'en finissait pas pour venir ici.<\/p>\n<p>Il a \u00e9pous\u00e9 Elisabetta Giovagnini -Bettina- le 16 septembre 1950, dans l'\u00e9glise de San Salvatore \u00e0 Anghiari, Arezzo. Ce jour-l\u00e0, ils ont re\u00e7u la demande de d\u00e9part pour l'Argentine.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Combien de jours avez-vous pass\u00e9 dans ce navire ?<br \/>\nAvec un bateau de p\u00eache \u00e0 l'allure effrayante, il semble que ce soit un bateau de p\u00eache. Le voyage a dur\u00e9 dix-sept jours. Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 Buenos Aires, l'eau \u00e9tait si agit\u00e9e, avec de si grandes huttes faites de branches que nous avons eu peur, moi et Mezzovino. C'est ainsi que nous sommes arriv\u00e9s dans ce grand pays qu'est l'Argentine, le 17 f\u00e9vrier 1951.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Quelle profession exerciez-vous en Italie ?<br \/>\nJ'\u00e9tais agriculteur. Je suis venu ici, mon oncle avait une entreprise de plomberie et nous avons rapidement travaill\u00e9 avec lui. J'ai toujours travaill\u00e9 quatre ans \u00e0 La Plata. Ensuite, j'ai travaill\u00e9 comme charpentier avec mon fr\u00e8re. J'ai \u00e9t\u00e9 charpentier pendant cinq ans.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0O\u00f9 avez-vous travaill\u00e9 ?<br \/>\nToujours ici \u00e0 La Plata. \u00c0 l'\u00e9poque, il y avait du travail. Mais je n'aimais pas trop \u00e7a, parce que le travail du charpentier arrive en dernier dans la maison et quand il faut aller chercher le salaire, les gens font toujours des histoires.<br \/>\nJe suis donc all\u00e9 chez mon oncle \u00e0 La Plata. Il m'a dit qu'il y avait trois ou quatre travaux, du chauffage, mais qu'il n'avait pas de personnel pour les faire.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Avez-vous d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9 ces t\u00e2ches ?<br \/>\nOui, je savais d\u00e9j\u00e0 comment me d\u00e9fendre pour faire le travail. Je lui ai dit : \"Je ferai le travail, mais pas \u00e0 la journ\u00e9e, cette fois je le ferai par contrat\". Mon oncle a donc accept\u00e9, et le premier travail que j'ai fait \u00e9tait \u00e0 Miramar, \u00e0 400 kilom\u00e8tres de l\u00e0. Ensuite, j'ai fait un autre travail au milieu de la route, un peu plus, pour aller \u00e0 Mar del Plata. J'ai fait un autre travail avec lui, \u00e0 Ameghino, \u00e0 450 km d'ici. Ensuite, j'ai fait un travail \u00e0 Mercedes, \u00e0 150 km de Buenos Aires. Une fois ce travail termin\u00e9, je suis all\u00e9 \u00e0 Mar del Plata pendant deux ans. L\u00e0-bas, j'avais 7 000 m\u00e8tres de tuyauterie entre l'eau chaude, l'eau froide et les radiateurs. J'avais 12 ouvriers avec moi.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00c9taient-ils tous sous votre direction ?<br \/>\nOui, oui. J'\u00e9tais en partenariat avec quelqu'un d'autre, il s'occupait de la partie technique et je m'occupais de la partie technique.<br \/>\ntravail.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0O\u00f9 avez-vous travaill\u00e9 \u00e0 Mar del Plata ?<br \/>\nSur la base sous-marine, sur la base navale de Mar del Plata. J'y ai travaill\u00e9 pendant deux ans. Ensuite, j'ai travaill\u00e9 quatre mois dans un h\u00f4tel de la marine, \u00e9galement \u00e0 Mar del Plata.<br \/>\nApr\u00e8s ce travail, mon oncle a si bien r\u00e9ussi qu'il a ensuite travaill\u00e9 dans une prison \u00e0 Sierra Chica, mais je n'y ai travaill\u00e9 que tr\u00e8s peu de temps, trois mois.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Toujours avec des radiateurs ?<br \/>\nOui, mais plus tard, je suis venu \u00e0 La Plata et j'ai travaill\u00e9. L'oncle Gosto m'a donn\u00e9 du travail chez Rusconi. Nous avons travaill\u00e9 ensemble, d'abord avec mon oncle Paolo Giovagnini, puis ils se sont s\u00e9par\u00e9s et tous les deux -Rusconi et Constantino- ont cr\u00e9\u00e9 une entreprise et j'ai fait diff\u00e9rents travaux, ici \u00e0 La Plata et \u00e0 Buenos Aires. Et apr\u00e8s 65 ans, la m\u00eame entreprise s'est form\u00e9e entre nous quatre : moi, l'oncle Nello, l'oncle Gostino et Rusconi -Edgardo-.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Rusconi \u00e9tait-il d'origine italienne ?<br \/>\nOui, il \u00e9tait italien, mais il \u00e9tait argentin. Nous devions donc garder un Argentin parce que m\u00eame pour occuper des emplois gouvernementaux, il fallait avoir la nationalit\u00e9 argentine, alors qu'avec lui, je n'ai jamais pris la nationalit\u00e9 argentine. Nous avons travaill\u00e9 ensemble, ici \u00e0 La Plata, pendant quatre ou cinq ans.<br \/>\nApr\u00e8s avoir travaill\u00e9 ici pendant quatre ou cinq ans, nous avons trouv\u00e9 des emplois \u00e0 l'ext\u00e9rieur.<br \/>\nJ'ai fait mon premier travail sur la Valle de Rio Negro chez General Roca. Quand j'ai quitt\u00e9 La Plata, je ne savais pas si je devais continuer ou reculer, je ne pouvais pas passer la quatri\u00e8me vitesse, alors j'ai d\u00fb prendre mon courage \u00e0 deux mains et j'ai continu\u00e9, et je suis parti d'ici le matin \u00e0 huit heures, et \u00e0 neuf heures du soir, je suis arriv\u00e9 \u00e0 Bahia Blanca, \u00e0 700 kilom\u00e8tres de l\u00e0. Nous avons pass\u00e9 la nuit en montagnes russes et le matin, \u00e0 cinq heures, nous sommes partis et avons pris la route 22, la route nationale qui va de Bahia Blanca \u00e0 Rio Negro, ou plut\u00f4t \u00e0 la vall\u00e9e de Rio Negro, \u00e0 Neuqu\u00e9n. Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 Rio Colorado, j'ai travers\u00e9 le pont et j'ai pris une route de 130 kilom\u00e8tres sans virage. Le matin o\u00f9 nous avons quitt\u00e9 Bahia, je suis arriv\u00e9 \u00e0 General Roca \u00e0 18 heures. Nous sommes arriv\u00e9s, nous nous sommes install\u00e9s pour travailler et j'y suis rest\u00e9 quatre ou cinq mois.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Et quel \u00e9tait votre m\u00e9tier ?<br \/>\n\u00a0\u00a0 \u00a0J'ai fait un travail qu'on appelle ici \" losa radiante \", parce que ce sont des tuyaux qui vont \u00e0 l'int\u00e9rieur du m\u00eame ormigon. Et j'ai fait 700 m\u00e8tres de tuyaux de \u00be, ils passaient tous les 30 centim\u00e8tres, 700 m\u00e8tres pour chaque \u00e9tage. J'ai fait quatre \u00e9tages. J'ai fini le travail avec la chaudi\u00e8re, tout.\u00a0<br \/>\n\u00a0\u00a0 \u00a0Plus tard, \u00e0 La Plata, nous sommes all\u00e9s travailler \u00e0 Esquel, \u00e0 1 200 km d'ici. J'y suis all\u00e9 avec trois ouvriers pour effectuer le travail que d'autres entreprises avaient fait et qu'elles n'\u00e9taient pas en mesure d'ex\u00e9cuter. J'y suis donc all\u00e9 avec trois ouvriers, puis j'en ai r\u00e9serv\u00e9 trois autres, qui sont venus par avion, et je suis donc rest\u00e9 l\u00e0-bas pendant soixante jours. L'autre projet concernait l'eau chaude pour les bains, parce que les personnes qui travaillaient sur la r\u00e9cup\u00e9ration \u00e9taient en hiver et ne pouvaient pas se baigner dans de l'eau froide. L'autre \u00e9tait pour les radiateurs, pour le chauffage. Il s'agissait de cabanes en bois pour les travailleurs. Parce qu'il y avait une fusillade et qu'il y avait, je crois, 1700 travailleurs. Ces baraques \u00e9taient un syst\u00e8me de pabellons (comme on dit ici) qui abritaient 400 travailleurs, chaque appartement. J'y suis donc rest\u00e9e trois mois, puis une autre fois trois mois, trois ans, mais toujours en hiver. J'ai toujours aim\u00e9 \u00e7a parce que j'\u00e9tais habitu\u00e9 au froid depuis mon enfance, \u00e7a ne me faisait pas peur.\u00a0<br \/>\nApr\u00e8s y avoir travaill\u00e9 pendant trois ans, j'ai occup\u00e9 un autre poste \u00e0 Sierra Grande, Hierro Patag\u00f3nico, o\u00f9 j'ai \u00e9galement pass\u00e9 quatre mois. J'y suis \u00e9galement rest\u00e9 quatre mois, juste sur la c\u00f4te, parce qu'ils construisaient un chantier naval pour transporter le fer extrait des mines de Sierra Grande. Mais il faisait si froid l\u00e0-bas ! J'y ai pass\u00e9 un hiver avec un vent glacial dont je me souviendrai toujours ! Ce travail a dur\u00e9 deux ou trois ans. \u00c0 partir de 1975, lorsque ma grand-m\u00e8re est arriv\u00e9e ici...<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Votre m\u00e8re<br \/>\n\u00a0 \u00a0 Oui, c'\u00e9tait six mois, je suis all\u00e9 travailler \u00e0 Rio Turbio, dans les mines de charbon. J'ai mis deux jours pour y arriver car je ne connaissais pas le chemin. En deux jours, j'ai fait 3200 km. J'\u00e9tais toujours en train de chauffer les baraques des ouvriers.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Tous ces emplois \u00e9taient-ils destin\u00e9s \u00e0 des particuliers ou au public, au gouvernement ?<br \/>\n\u00a0\u00a0 \u00a0Non, il s'agissait de personnes priv\u00e9es, non c'\u00e9tait le gouvernement ; m\u00eame chose pour Esquel. Fils<br \/>\ndes entreprises priv\u00e9es, non, c'est gouvernemental.\u00a0<br \/>\n\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 l\u00e0-bas, en 1977, je suis all\u00e9 faire un autre tournage \u00e0 Alicura, \u00e0 100 km de Bariloche. J'y ai \u00e9galement travaill\u00e9 pendant quatre ou cinq mois.\u00a0<br \/>\n\u00a0J'ai termin\u00e9 ce travail et je suis all\u00e9 travailler quelques mois avec l'oncle Gaetano. Je suis all\u00e9 travailler \u00e0 Alumine, toujours dans ces montagnes ; et ainsi 10 ou 15 ans se sont \u00e9coul\u00e9s, toujours dans ces montagnes. Puis nous sommes revenus ici et avons continu\u00e9 \u00e0 travailler \u00e0 La Plata.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Avez-vous travaill\u00e9 \u00e0 La Plata ?<br \/>\n\u00a0\u00a0 \u00a0\u00c0 La Plata, j'ai toujours travaill\u00e9, surtout avant 1990, si nous travaillions pour le gouvernement, si nous travaillions directement avec le gouvernement. Mais apr\u00e8s l'arriv\u00e9e du gouverneur de la province, il a chang\u00e9 le syst\u00e8me et il n'y avait plus d'architecture, o\u00f9 nous avions l'habitude de faire des offres pour les travaux. Ils se r\u00e9unissaient et donnaient le travail \u00e0 qui ils voulaient. Alors, au lieu de bien travailler, comme nous le faisions jusqu'alors, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9gresser. Parce que nous ne pouvions pas faire appel aux comp\u00e9tences d'autres entreprises. Nous avons ensuite perdu deux emplois \u00e0 cause de l'inflation (c'est comme \u00e7a qu'on dit ?).\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0O\u00f9 ?<br \/>\n\u00a0\u00a0 \u00a0\u00c0 La Plata, j'ai travaill\u00e9 \u00e0 la Camara de Senatori, de Deputati, \u00e0 l'h\u00f4pital<br \/>\nH\u00f4pital Gutierrez, dans le b\u00e2timent Obras Sanitarias.<br \/>\n\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 J'ai travaill\u00e9 \u00e0 l'opedal da Haedo, j'ai travaill\u00e9 dans deux h\u00f4pitaux \u00e0 Belgrano, \u00e0 120 kilom\u00e8tres de La Plata. Ensuite, j'ai travaill\u00e9 \u00e0 l'opedal de Bolivar, \u00e0 250 kilom\u00e8tres. Ensuite, j'ai travaill\u00e9 ici pour plusieurs villes du nord-est de l'Argentine : Nueve de Julio, Chivilcoy, Pehuajo, Carlos Casares, tous les minist\u00e8res du gouvernement.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Quel est, selon vous, le travail le plus difficile que vous ayez eu \u00e0 accomplir ?<br \/>\nNotre travail est pratiquement le m\u00eame. Il y a quelques difficult\u00e9s lorsque vous<br \/>\nil faut mettre des chaudi\u00e8res quand le travail est important. Ici, \u00e0 La Plata, \u00e0 l'IOMA, j'ai install\u00e9 quatre chaudi\u00e8res qui sont tr\u00e8s grandes, et il \u00e9tait dangereux de les mettre en place. \u00c0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s, c'est la m\u00eame chose. Un peu de danger parce que sinon, les autres travaux ne le sont pas. Parce qu'on utilise toujours les m\u00eames fers, les m\u00eames intubations.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Avant, vous aviez une soci\u00e9t\u00e9 entre vous, Rusconi et les deux fr\u00e8res Giovagnini, apr\u00e8s vous n'avez fait que...<br \/>\nL'oncle Gostino voulait aller travailler avec son fr\u00e8re, avec l'oncle Gaetano, parce que nous \u00e9tions arriv\u00e9s avec peu de travail et que c'est dans ces moments-l\u00e0 qu'une entreprise manque de quelque chose. L'oncle Gaetano lui a donc offert le double du salaire qu'il recevait dans l'entreprise avec nous. Il est parti \u00e0 Neuqu\u00e9n avec l'oncle Gaetano et je suis rest\u00e9 avec Rusconi.\u00a0<br \/>\nLes premi\u00e8res ann\u00e9es, nous avons tr\u00e8s bien travaill\u00e9 avec Rusconi, en 80, 82. Oui, et sur plusieurs chantiers, dont un ici \u00e0 La Plata, un grand chantier, le Colegio de Avvocati, qui comptait lui aussi 11 \u00e9tages. J'ai fait un travail dont l'ing\u00e9nieur en b\u00e2timent \u00e9tait ravi parce que je l'avais fait vite et bien. Il s'agissait \u00e9galement d'un type de \"losa\", comme on l'appelle ici, \"radiant\", c'est-\u00e0-dire toute l'intubation de l'\u00e9tage. Tout s'est tr\u00e8s bien pass\u00e9. Ensuite, c'\u00e9tait \u00e0 ce Rusconi, travail \u00e0 Bolivar, travail \u00e0 Nueve de Julio, \u00e0 Carlos Casares, \u00e0 Pehuajo, nous avons achet\u00e9 un nouveau camion ; \u00e7a s'est tr\u00e8s bien pass\u00e9. Plus tard, nous avons chang\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Quelles ont \u00e9t\u00e9 vos difficult\u00e9s ?\u00a0<br \/>\nJe n'ai pas eu de difficult\u00e9s, car mon oncle a toujours \u00e9t\u00e9 mon guide. Il nous a donc donn\u00e9 une maison avec tout ce qu'il fallait. J'\u00e9tais ouvrier et il y avait un ma\u00e7on, et il a construit une maison \u00e0 deux m\u00e8tres carr\u00e9s ou 200 m\u00e8tres de l'endroit o\u00f9 nous nous trouvons aujourd'hui. En r\u00e9alit\u00e9, je n'ai pas eu \u00e0 me pr\u00e9occuper de ces choses parce que je travaillais et qu'\u00e0 la fin du mois, il me payait. Je n'ai pas pay\u00e9 de loyer pour la maison, nous y sommes rest\u00e9s trois ans. Nous avons achet\u00e9 un terrain, au milieu, avec mon fr\u00e8re Alfredo et nous avons construit la maison ensemble, et c'est ainsi que la vie continue.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Et avec la langue ?<br \/>\nEt avec la langue au d\u00e9but, il y a un peu d'appr\u00e9hension ; mais comme ici il y a<br \/>\nBeaucoup d'Italiens n'\u00e9taient pas aussi pr\u00e9occup\u00e9s, et ce n'est pas si difficile pour l'Argentin ou le Castillan.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Comment vous \u00eates-vous entendus avec les Argentins ?<br \/>\nJe n'ai jamais eu d'inconv\u00e9nients avec les Argentins parce que lorsque vous \u00eates un immigrant, vous n'avez pas \u00e0 \u00eatre fier, vous savez que vous \u00eates dans la maison d'autres personnes. Au contraire, il faut respecter les gens, et si on les respecte, on est respect\u00e9. Je n'ai jamais eu de probl\u00e8mes, aucun d'entre nous, pas m\u00eame l'oncle Gostino, l'oncle Nello. Nous n'avons jamais eu de probl\u00e8mes. M\u00eame pas avec les travailleurs. J'ai toujours eu des Argentins avec moi, mais je n'ai jamais manqu\u00e9 de respect \u00e0 personne.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Avez-vous des enfants n\u00e9s en Argentine ?\u00a0<br \/>\nEn Argentine, j'en ai deux : Mme Mar\u00eda Catalina et Gian Carlo Ruggeri.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Et quelle relation ont-ils avec l'Italie ?  Ils connaissent la langue, les histoires...<br \/>\nLa fille, je suis contente parce que chaque fois que je suis all\u00e9e en Italie, je n'ai pas fait de propagande du genre : mon pays est le meilleur du monde ; pourquoi donc, si vous \u00eates si bien lotis, \u00eates-vous venus ici ?\u00a0<br \/>\nCependant, lorsque sa petite-fille est arriv\u00e9e \u00e0 l'\u00e2ge de quinze ans, elles sont all\u00e9es en Italie avec ma fille et lorsqu'elle est revenue, j'ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s contente parce qu'elle \u00e9tait tr\u00e8s heureuse de voir les lieux o\u00f9 l'on \u00e9tait n\u00e9, ce \u00e0 quoi je ne lui avais jamais accord\u00e9 d'importance. Alors que son fils n'est toujours pas parti.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00cates-vous retourn\u00e9 en Italie \u00e0 plusieurs reprises ?<br \/>\nEt souvent non. Je suis retourn\u00e9 en Italie quatre fois. Et maintenant, je veux y aller encore une fois, mais esp\u00e9rons-le bien.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Et quand \u00eates-vous retourn\u00e9 en Italie pour la premi\u00e8re fois ?<br \/>\nLa premi\u00e8re fois que je suis revenu en Italie, cela faisait 14 ans que j'\u00e9tais l\u00e0. J'y suis all\u00e9 en 1966, puis en 1980, en 1986 et en 1992. Et maintenant, je peux, apr\u00e8s 12 ans de plus.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0Qu'est-ce qui vous a le plus impressionn\u00e9 lors de votre retour en Italie ?\u00a0<br \/>\nQuand on rentre en Italie, on le ressent, mais que peut-on faire ? C'est pour cela que j'ai tant fait, tant fait pour faire partir mes enfants d'ici ; parce qu'il faut savoir qu'\u00eatre immigr\u00e9 fait toujours souffrir, parce que le lieu o\u00f9 l'on na\u00eet, m\u00eame s'il est laid, est toujours beau.\u00a0<br \/>\nJe ne peux pas me plaindre de l'Argentine parce que, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, j'ai cr\u00e9\u00e9 un foyer pour mes deux fils, j'ai cr\u00e9\u00e9 un foyer pour moi. J'ai construit des hangars, du mat\u00e9riel pour mon travail, que j'ai toujours. Ce dont je me plains en Argentine, c'est qu'apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 50 ans sur cette terre, maintenant que l'on devrait avoir une pension, que l'on pourrait s'en sortir sans rien faire, on se bat pour maintenir le peu de capital qui nous reste. On s'active pour pouvoir payer les choses, pour pouvoir payer tous les imp\u00f4ts. \u00c7a ne devrait pas \u00eatre comme \u00e7a parce que quand on a travaill\u00e9 toute sa vie, on devrait d\u00e9j\u00e0 \u00eatre bien loti, alors qu'ici, la politique a toujours recul\u00e9.\u00a0<br \/>\n\u00a0<\/p>","protected":false},"featured_media":10240,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_relevanssi_hide_post":"","_relevanssi_hide_content":"","_relevanssi_pin_for_all":"","_relevanssi_pin_keywords":"","_relevanssi_unpin_keywords":"","_relevanssi_related_keywords":"","_relevanssi_related_include_ids":"","_relevanssi_related_exclude_ids":"","_relevanssi_related_no_append":"","_relevanssi_related_not_related":"","_relevanssi_related_posts":"","_relevanssi_noindex_reason":"","site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}}},"class_list":["post-10852","testimonianza","type-testimonianza","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.fondazionepaolocresci.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/testimonianza\/10852","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.fondazionepaolocresci.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/testimonianza"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.fondazionepaolocresci.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/testimonianza"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fondazionepaolocresci.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10240"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.fondazionepaolocresci.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10852"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}